Alors que les tensions géopolitiques, la transformation numérique et les exigences réglementaires continuent de remodeler le secteur bancaire, la résilience est devenue une priorité stratégique majeure pour les banques. À la BIL, les équipes de Gestion des risques adoptent une approche prospective qui accompagne la transformation de la Banque tout en préservant sa stabilité à long terme et une croissance durable.
Dans leur agenda réglementaire 2026-2028, qui inclut notamment la poursuite de la mise en œuvre des règlements CRR III et CRD VI, les autorités de supervision maintiennent des attentes élevées en matière d'adéquation des fonds propres, de gouvernance et de gestion des risques. Ces évolutions transforment la manière dont les actifs pondérés par les risques sont calculés, incitant les banques à optimiser l'allocation de leurs capitaux entre leurs différentes activités. Si les risques prudentiels traditionnels demeurent au cœur des exigences réglementaires, le périmètre de la gestion des risques continue de s'élargir.
S'adapter à une nouvelle génération de risques
Les cybermenaces, les tensions géopolitiques et les enjeux de durabilité renforcent l'importance des risques non financiers et nécessitent de nouvelles compétences ainsi qu'une plus grande agilité organisationnelle. Les cadres réglementaires tels que DORA renforcent encore les attentes en matière de résilience opérationnelle, notamment concernant les systèmes informatiques, la cybersécurité et les prestataires tiers. À mesure que les risques non financiers gagnent en complexité et en importance, comprendre leur impact potentiel sur les opérations de la Banque, sa réputation et sa pérennité devient un impératif stratégique.
Pour la BIL, ces évolutions représentent une opportunité non seulement de renforcer ses fondations, mais également d'accroître sa capacité à accompagner ses clients, à allouer efficacement son capital et à poursuivre une croissance durable.
Les risques évoluent rapidement dans l'environnement actuel. Il y a dix ans, les discussions sur les risques concernaient principalement les risques de crédit et de marché. Aujourd'hui, nous devons également anticiper les cybermenaces, les incidents opérationnels, les facteurs ESG et d'autres risques émergents susceptibles d'affecter nos clients, notre activité et le système financier dans son ensemble.
Jérôme Nèble, Chief Risk Officer, BIL
Cette vision plus large et plus interconnectée des risques exige une approche tournée vers l'avenir ainsi qu'une collaboration étroite entre l'ensemble des départements de la Banque.
Le défi actuel ne consiste pas seulement à comprendre les risques individuellement . Il s'agit de comprendre comment ils interagissent entre eux et de s'assurer que la Banque est préparée sur tous les plans.
De la conformité réglementaire à l'avantage stratégique
La gestion des risques ne se limite plus à la conformité réglementaire ; elle constitue désormais un véritable levier stratégique au service des ambitions à long terme de la BIL. En intégrant la culture du risque dans les décisions quotidiennes, la Banque veille à ce que les considérations liées aux risques soient pleinement prises en compte dans la gestion de ses activités, la relation avec ses clients et la mise en œuvre de sa stratégie.
Cet engagement se traduit par plusieurs initiatives stratégiques. La BIL renforce son cadre de gouvernance et sa culture du risque, en consolidant la responsabilité et la transparence à tous les niveaux de l'organisation. Parallèlement, la Banque améliore ses capacités en matière de données, de modélisation et de mesure des risques grâce à un renforcement de la gouvernance des données et à une mise à jour de sa stratégie de modélisation.
La discipline en matière de capital demeure au cœur de la stratégie de la BIL. La Banque améliore la précision de ses calculs de capital et de risques tout en gérant activement son portefeuille de prêts non performants, afin de préserver la solidité de son bilan. En parallèle, elle affine son évaluation de la rentabilité en intégrant le niveau de risque associé aux activités, produits et relations clients. Cette approche permet une allocation plus efficace du capital en orientant les ressources vers les activités générant des rendements durables tout en maintenant un profil de risque prudent. Elle s'appuie également sur une vision plus fine de la rentabilité des clients ainsi que sur le développement actif des synergies entre les différentes lignes métiers.
Une gestion efficace des risques ne consiste pas à limiter les ambitions. Elle consiste à créer la confiance nécessaire pour prendre les bonnes décisions, saisir les opportunités, accompagner les clients et générer de la valeur sur le long terme.
Pour l'avenir, Jérôme Nèble estime que le secteur bancaire devra faire face à une complexité croissante, ce qui exigera des institutions qu'elles restent agiles et tournées vers l'avenir. Un cadre solide de gestion des risques restera essentiel pour permettre à la BIL de s'adapter aux évolutions et de renforcer sa position de partenaire de confiance auprès de ses clients, collaborateurs et parties prenantes.